La Cour de cassation ouvre ce lundi une quatrième audience très attendue dans le procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice. Un tournant majeur s’annonce dans cette affaire à haute portée politique, avec l’audition de plusieurs témoins clés, convoqués tant par le ministère public que par la défense.
Poursuivi pour des faits encore non officiellement détaillés, mais qui suscitent une vive attention sur la scène nationale, Constant Mutamba continue de clamer son innocence, dénonçant une « procédure à motivations politiques ». Ce lundi, les débats s’annoncent particulièrement intenses, alors que la parole sera donnée à de nombreuses figures institutionnelles de premier plan.
Le ministère public prévoit de faire comparaître sept témoins jugés essentiels pour étayer ses allégations. Figurent sur cette liste : Le Directeur général ad intérim de la Direction Générale de Contrôle des Marchés Publics (DG CMP), le Secrétaire général du ministère de la Justice, la Directrice du service pénitentiaire, le Secrétaire permanent en charge des marchés publics, le Secrétaire général des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR), le Directeur général de la société Frivao, le gestionnaire de l’immeuble abritant la société Zion.
Leur témoignage devrait porter sur des dossiers de passation de marchés publics, de gestion immobilière et d’éventuelles irrégularités administratives ou financières.
De son côté, la défense de Constant Mutamba ne compte pas rester passive. Elle a demandé l’audition de dix personnalités, dont plusieurs membres du gouvernement et hauts cadres de l’administration publique. Sont notamment cités : La Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’ex-ministre de la Justice Rose Mutombo, l’Inspecteur général des finances Jules Alingete, le ministre des ITPR, le ministre des Sports, des représentants du CENAREF, de l’Université de Kinshasa et du guichet unique.
La défense entend démontrer l’existence d’un « contexte politique et administratif » autour de l’affaire, tout en mettant en cause les procédures ayant conduit à la mise en accusation du député.
Alors que les tensions montent entre les institutions dans un climat politique déjà sous pression, cette audience pourrait redéfinir l’avenir judiciaire et politique de Constant Mutamba. Les regards sont tournés vers la Cour de cassation, censée garantir l’équité du procès, alors que le débat public s’enflamme sur la question de l’indépendance de la justice en RDC.
La suite du procès dépendra largement des révélations issues de ces auditions croisées. Une chose est sûre : cette quatrième audience marque une étape déterminante dans ce dossier explosif.



